Sur un air d'Evanescence , My Immortal
__C'était une journée d'hiver . Plus particulièrement un certain vendredi 23 décembre 2005 . Mon regard s'était arrêté à l'intérieur d'une maison merveilleusement bien construite faite de briques rouges , située dans l'une des nombreuses banlieues défavorisées de la capitale . Noël approchait à grands pas , l'excitation se faisait présente pour bon nombre de gens , mais pas chez eux . Pas cette journée là . Seul le bruit désagréable qui provenait du grisonnement de la télévision en marche se faisait percevoir dans la pièce sombre . Les rideaux étaient tirés , l'odeur macabre de l'alcool se mélangeait à bien d'autres substances flottait dans l'air . Là , assise dans un minuscule fauteuil fait de velours rouge , se tenait une femme âgée d'une quarantaine d'années tout au plus , une bouteille de whisky visiblement vide qu'elle tenait fermement dans sa main droite . Elle posa son autre main sur son c½ur , sentant que la mort allait bientôt lui prendre son âme . Elle agonisait , la douleur faisait bien trop mal . En avait-elle encore pour le temps ? Ira t-elle au Paradis ? Non , bien sûr que non . Ce monde parallèle à la Terre n'existe pas .
Le silence qui régnait dans la demeure prit soudainement fin lorsque l'horloge imposante faite de bois forgé signala
huit heures moins dix . Un homme ou plutôt devrais-je dire un adolescent émit un hoquet de surprise. Cela faisait maintenant plus d'une heure qu'il restait de marbre , là dans un coin tout aussi sombre que la pièce . Il était maintenant l'heure pour lui de partir . Il ne voulait en aucun cas rater une occasion pareille . Il coupa fin a son élan pour faire face à son aînée , encore ahurie dans son petit fauteuil , qui plus est , certainement pleine a craquer de ces substances bizarroïdes . D'abord hésitant mais tout de même décidé , il lui arracha violemment la bouteille qu'elle tenait dès lors dans sa main , pour ensuite la jeter dans le vide à ordures . Quelques secondes plus tard , il réapparut , l'expression de son visage marqué par de la colère .
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Bill... Murmura t-elle , d'un ton presque suppliant .
Il soupira . Si il ne ripostait pas , il pouvait dire adieu a sa dignité autant qu'a la vie de sa bien trop jeune mère .
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Non maman ! fit-il d'un ton catégorique ,
Tu ne vois donc pas que tout ces alcools merdiques t'usent bien trop et te rendent follement malade ? La dame ne souffla mot . De sorte , pour montrer son mécontentement , elle se tourna de façon bien trop brusque vers la fenêtre et ne prêta plus aucune attention à son fils unique . A travers les épais rideaux , transgressait un léger filet de lumière qui , par la suite se propagea dans le salon . Son visage était illuminé et laissé paraître les nombreuses rides qui creusaient ses joues et sa bouche au fil des années . L'anxiété , les remords et la peur la rongeaient petit à petit et il fallait de plus , qu'il l'a laisse dépérir de cette façon et rester les bras croisés ? Non décidément
Bill Quincey n'est pas ce genre d'adolescent et encore moins l'un de ces fils indignes qui haïssent leurs parents pour diverses raisons. Pas lui .
Un deuxième soupir . Il quitta la pièce sans lui porter regard et enfila son long manteau fait de cachemire , noua une écharpe de la même couleur autour de son cou et porta son sac à dos a l'aide de son épaule droite . Il se retourna une dernière fois vers sa maternelle et esquissa un léger sourire de compassion .
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Au revoir Leya . Ce fut ses dernières paroles . «
Leya ». Cela faisait bien longtemps qui ne l'avait plus appelée par son prénom . Non pour être tout à fait juste, il ne l'avait jamais encore nommée par une pareille façon . Leya se retourna , agréablement surprise . Puis , se rappelant la raison pour laquelle elle faisait la moue lui revint en mémoire . Affichant une grimace , elle croisa les bras sur sa poitrine .
Quel malpoli celui-là tiens ! Bill accentua une légère pression sur la poignée de la porte et la claqua non en douceur derrière lui . Le jeune ténébreux verrouilla cette dernière et s'assura qu'elle était bel et bien fermée afin que les rôdeurs qui passaient - trop souvent à son goût - dans le coin ne pouvaient y pénétrer . A cette pensée , une boule se forma à l'intérieur de son ventre . Non il ne faut pas s'inquiéter , à l'heure qu'il est , elle est peut-être saoule mais elle ne les laissera pas rentrer . Il s'en persuada , c'est certain mais au fond il n'en pensait pas un mot . Il se mentait à lui-même mais à quoi bon . Il a toujours vécu de cette façon alors pourquoi cela changerait-il maintenant ?
L'androgyne plaça son bonnet de laine sur ses cheveux noirs d'ébène et encaissa bon nombre de remarques à son sujet . Ici , personne ne l'aimait . On avait beau être dans l'une des plus belle et peuplée capitale du monde , les gens sont tous pareils . Que l'on soit différent , homosexuel , juif ou autre , il faut s'habituer aux remarques désobligeantes . Il ne devait pas pleurer , d'ailleurs il ne l'avait encore jamais fait . Du moins , sauf lors de ses douze ans , mais il ne doit plus y penser .
Ca fait trop mal . Prit par de soudains frissons , il fourra ses frêles mains à l'intérieur des poches de son jean et scruta le ciel grisâtre qui logeait au-dessus de sa tête . Le froid lui prit aux tripes , sans le prévenir , imprudent . Bon nombre d'enfants se prêtaient à des jeux mesquins tandis que d'autres , s'amusaient à se rouler dans la neige , perpétuant des croquis néfastes et indescriptibles . Une fine couche de neige s'était posée sur les trottoirs , habituellement d'une couleur sombre , alors que la route était quand à elle , salée afin qu'il y ait le moins d'accident de circulation possible . N'importe quel individu aurait pu y croire . Berlin vivait un jour heureux , oui mais jusqu'à quand ?
[...]
L'école n'était plus bien loin à présent . Quelques mètres le séparaient du bâtiment . Pourtant , l'envie n'y était pas . Il n'a jamais aimé ce genre d'endroit , c'est encore plus difficile a supporter que les injures que l'on lui porte chaque jour dans la rue . Mais une chose bien plus étrange l'obligea a retrousser chemin . Une mélodie , oui , mais pas n'importe laquelle . Celle jouée par un piano . L'air se faufilant dans ses tympans était doux , à la fois mélancolique mais rapide . Bill se pencha vers la porte du haut bâtiment et colla son oreille contre celle-ci . Il fallait impérativement qu'il voit ça de ses propres yeux . Le ou la pianiste avait des doigts de fée . Il avait l'ultime conviction que la personne en question était une femme . Pourquoi , il n'aurait su le dire . Peut-être était-ce un peu trop efféminé et la présence de la personne se ressentait jusqu'à l'autre bout de la cour .
Intrigué mais hésitant, il poussa la lourde porte non sûr de lui et se logea à l'intérieur de l'immeuble .
Conservatoire de Berlin
Peu original comme nom , je vous l'accorde .Un nombre impressionnant de porte s'offrit à lui , toutes numérotées de 1 à 83 . Que cela pouvait-il représenter ? Il haussa les épaules pour se donner du courage et se laissa guider par le son qu'émettait le piano . Il opta pour la numéro 42 . Cela était sûrement du pur hasard qui s'était tout de même transformé en de la chance .
Là , sur un petit tabouret en velours , se tenait une jeune femme dont il n'aurait su décrire le visage , s'amusant à toucher lentement a l'aide des ses doigts fins les touches de l'instrument . La sonorité était faible mais agréable à attendre . Pour la première fois , le jeune Quincey fut transporté loin de tout ça , dans un monde beaucoup plus gai . La mélodie s'arrêta nette . Il reprit petit à petit conscience de ses actes mais n'enchaîna pas assez vite sa démarche . La petite brune se trouvait devant lui , le visage penché vers son interlocuteur . Quelque chose avait changé chez elle . Sans doute qu'un infime détail , il n'aurait su le contredire , mais tout de même quelque chose . Ses yeux , oui exactement . Bien qu'il n'avait pu voir son visage dans son intégralité , le regard de la jeune fille s'était métamorphosé dans un côté plus doux , plus angélique . Bill recula d'un pas . Il était poussé à bout , comment pouvait-elle avoir une influence aussi grande sur lui ?
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Je peux t'aider ? demanda t-elle d'une voix douce .
Le jeune androgyne articula une chose incompréhensible qu'elle ne put comprendre . De ce fait , elle se pencha encore un peu plus vers lui afin d'être tout à fait à la hauteur des lèvres du jeune homme . Intimidé , il se racla la gorge et affirma d'une voix un peu plus grave qu'à la normal :
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Non, merci . Je... je dois partir... La brunette plissa les yeux l'espace d'un instant et rouvrit ses grands yeux chocolat en forme d'amande . L'expression qui se lisait sur son visage de porcelaine avait radicalement changé . Elle affichait à présent une mine déconfite , un peu triste . Bill prit conscience à ce moment là qu'elle était encore plus jolie qu'il ne l'aurait imaginé . Ses longs cheveux bruns s'ondulaient jusqu'à descendre au bas de ses épaules , son visage était finement dessiné , parsemé de traits fins et soyeux . Oui , vraiment elle était magnifique .
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Dommage . J'aurais souhaité faire ta connaissance et qui sait , en apprendre d'avantage sur toi... lâcha t-elle déboussolée .
Ne sachant quoi faire , Bill resta figé sur place , près des siéges la regardant s'éloigner vers la sortie . Allait-il la revoir ? Il aurait voulu se le cacher mais, il l'espérait du plus profond de son être . Elle était différente des autres... De tout ces humains qui peuplent notre planète . Pourvue qu'il la revoit de nouveau . Il ne savait quel prénom mettre sur ce si beau visage angélique mais une chose était sure , elle hanterait ses nuits. C'était sans doute une journée
banale. Mais c'était son histoire , son début . Pourquoi l'ais-je choisis lui et pas un autre ? Sûrement parce qu'au fond , il n'est pas n'importe qui , ni comme vous et moi . Non lui est diffèrent .
Que suis-je bête ! J'ai oublié de vous faire parvenir un détail bien trop important : Bill Quincey n'est pas comme nous . Non ,
il n'est pas qu'un simple mortel . Je ris à la pensée de voir vos si doux visages se figer , n'épargnant aucunes expressions , sans doute impassibles. Oui bienvenue dans leur monde pourtant si différent du notre...
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La raison pour
Laquelle l'être humain
Garde encore espoir
Est qu'il ne peut point
Voir la mort...
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Vos impressions ?